It’s the end of the year – what is really going on out there?
La situation politique évolue en Guinée. La junte militaire au pouvoir est prise dans ses propres contradictions.
Les massacres du 28 septembre 2009 ont révélé le vrai visage des militaires qui ont pris le contrôle du pouvoir en Guinée le 23 Décembre 2008. Le peuple de Guinée et la communauté internationale sont désormais convaincus de la nature criminelle de cette junte. Tous les auteurs des crimes contre l’humanité devront être arrêtés et traduits devant la Cour Pénale Internationale. C’est désormais une question de temps car la machine judiciaire est en marche. Le rapport de la commission d’enquête internationale est clair : Moussa Dadis Camara et plusieurs membres du CNDD sont rendus coupables des massacres et des viols au Stade du 28 Septembre.
Isolé et dénoncé par la Communauté Internationale, Dadis a voulu porter toute la responsabilité du massacre et des viols sur Toumba Diakhité et ses troupes. Les règlements de compte ont ainsi commencé au sein de l’armée. La réaction de Toumba n’a pas tardé car se sentant livré à la justice internationale, ce dernier a aussitôt réagi en tirant une balle à la nuque de Dadis pour l’éliminer. Toumba est toujours en fuite et fait l’objet d’une recherche sur tout le territoire.
Dadis Camara, quant à lui, est toujours au Maroc sous la surveillance des services de sécurité de ce pays. Les Américains et les Français mettent actuellement la pression sur le royaume chérifien pour garder Dadis en lieu sûr en attendant la décision de la CPI de l’arrêter et de le traduire devant la justice internationale.
En Guinée, comme la politique a horreur du vide, le Général Konaté assure l’intérim du pouvoir en attendant d’avoir le total contrôle de l’armée guinéenne en pleine déconfiture. Jusqu’ici, Konaté n’a fait aucun discours affirmant la pleine prise du pouvoir. Il laisse seulement entendre sa volonté de restaurer la discipline et le respect de la hiérarchie au sein de l’armée. Il s’engagerait aussi à organiser « dès que possible » des élections libres et transparentes pour laisser le pouvoir aux civils. Mais tous les officiers restés fidèles à Dadis n’entendent pas céder le pouvoir et perdre les privilèges attachés à la confiscation du pouvoir par la junte. Les militaires ayant participé aux massacres et viols du 28 Septembre 2009 savent que leurs crimes ne resteront pas impunis. Ils sont sous la menace d’une dénonciation certaine dans les semaines et mois à venir. Ils mettront donc tout en œuvre pour empêcher le départ de la junte du pouvoir.
Le Général Konaté est donc sous la menace d’un putch préparé et conduit par le capitaine Pivi, ses troupes et autres acolytes. Il vient de prendre la décision de libérer des officiers emprisonnés aux îles de Loos par Moussa Dadis Camara au lendemain de la prise du pouvoir par la junte. Cette libération et la demande de fermeture d’un camps de miliciens près de Forécariah augurent d’une volonté de neutraliser les troupes de Pivi acquises à la cause de Dadis. Le futur scénario des règlements de compte au sein de l’armée se traduira par l’affrontement possible entre les troupes de Pivi et les militaires qui se placeront sous l’autorité du Général Konaté.
La tâche de Konaté sera rude car le contrôle de l’armée guinéenne ne sera pas facile et ne se fera pas du jour au lendemain. Il aura besoin de temps et de beaucoup de moyens pour réussir un retour de l’ordre et de la discipline au sein de l’armée. Il lui sera surtout difficile de convaincre tous les militaires de la nature de leur mission pour la nation guinéenne.
La tentation de garder le pouvoir n’est toujours pas à exclure car face aux militaires, nous déplorons tous la division des partis politiques et le manque d’un réel leadership en Guinée. Les ambitions personnelles et l’organisation des partis politiques sur des bases ethnocentristes ou régionalistes constituent les causes des réelles faiblesses de la classe politique guinéenne.
Les leaders politiques et syndicaux doivent faire preuve d’un sens élevé de responsabilité pour ne pas encourager l’installation durable d’un autre régime militaire en Guinée. Nous devons arrêter de cautionner de manière directe ou indirecte l’usage de la force dans le contrôle et l’exercice du pouvoir en Guinée. Ne soyons pas amnésiques car toute dictature ne conduira notre pays qu’au chaos. L’usage de la force ne servira qu’à sauvegarder les intérêts d’une minorité aux dépens des intérêts légitimes de notre peuple.
Sous la dictature, il n’y'aura jamais de développement en Guinée. Seul l’avènement d’un régime démocratique et la création d’un Etat de droit conduiront notre pays vers le développement. Notre intérêt à tous est de cultiver et de développer la Conscience nationale. Nous devons nous battre pour élever le débat politique et sortir des considérations personnelles, ethniques et régionalistes. J’avoue que les vieux leaders politiques ne facilitent ce travail aux jeunes arrivants. Pourtant, il est plus que temps d’ouvrir notre pays aux réalités du monde et de s’inscrire dans sa marche et sa dynamique. La Guinée ne peut pas continuer de vivre à la marge du monde et de ne pas suivre la voie du progrès économique et social.
Nous devons rejeter toute idée de fatalité ou de malédictions.
La pauvreté et la misère ne sont pas des fatalités.
Notre peuple dispose de réelles potentialités pour lutter et vaincre le sous-développement dans notre pays. Travaillons à la mobilisation des consciences et des énergies pour construire notre pays. Aimons notre peuple et nourrissons la grande ambition de construire une grande nation éprise de paix et de prospérité.
Nous allons nous déterminer dans les futures élections démocratiques non pas en fonction de critères ethniques ou régionalistes mais uniquement en fonction des projets de société présentés par les partis politiques représentatifs et responsables. Notre vote fera le choix non d’un homme, d’une ethnie ou d’une région mais le choix du meilleur projet de société pour construire un Etat de droit, l’unité et la prospérité en terre guinéenne et africaine.
La jeunesse guinéenne est le fer de lance des transformations indispensables pour engager notre pays sur la voie du développement.
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Tous unis, tous solidaires pour construire la Guinée de demain.
Bonne année à tous les militants pour une guinée plus démocratique
Mamadou Barry

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