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Le nouveau retard sur l’organisation des élections législatives en Guinée : Une opportunité d’obtenir le consensus, non pas de prolonger le pouvoir exécutif unique à l’indéfini

Le Président Alpha Condé a déclaré hier que les élections de l’assemblée nationale de la République de Guinée ne vont pas être tenu le 8 Juillet comme promis auparavant, mais qu’elles sont plutôt reportées à une date indéterminée. Ces nouvelles demandent une réflexion sérieuse quant à la transition démocratique que la Guinée est entrain de vivre, et qui est maintenant arrivée au point mort: plus d’un an et demi se sont écoulées depuis l’élection historique du président Condé – et dix ans depuis les dernières élections législatives dans le pays -, la Guinée n’a toujours pas d’organe élu représentant le peuple. En conséquence, le pays est coincé dans une structure de gouvernance de pouvoir exécutif unique.
Le Président Condé a cité des “raisons techniques” pour le report, mais pourtant les partis politiques de l’opposition en Guinée ont vivement contesté les préparatifs du scrutin pour plusieurs autres raisons. Bien que les difficultés techniques concernant le système numérique des cartes d’électeurs sont réels et doivent être adressées, le plus grand défi pourrait être les questions politiques. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) nécessite désespérément de personnes réellement neutres à la fois à sa tête et dans son corps technique, et les deux bras de la CENI doivent enfin tenir les promesses (encore renouvelés hier) à s’engager dans un dialogue franc avec l’opposition afin de résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés et de faire en sorte que la campagne aussi bien que le vote auront lieu sur un terrain de jeu égal.

D’une part, nous pouvons célébrer ces dernières élections législatives en tant qu’un nouveau début, une opportunité fraîche de s’engager avec la société civile, les partis de l’opposition et la communauté internationale, comme le président aurait déjà commencé à faire avec une nouvelle vigueur cette semaine. La décision d’écouter les préoccupations – même si, sous le prétexte des raisons purement techniques – représente une ouverture politique importante afin de pouvoir reformuler l’approche au vote, et trouver un consensus dans le futur proche. Mais les questions demeurent: le Président Condé, va-t-il travailler ouvertement et efficacement avec la société civile et l’opposition, ou continuer à prendre des décisions en huis clos? Et l’opposition, va-t-elle mettre de côté des manœuvres politiques inutiles au nom du bien commun notamment l’élection d’un organe représentatif des hommes et des femmes dont le devoir est de servir le peuple guinéen?

Le président doit confirmer une nouvelle date au moins 70 jours avant le vote. Avant que cela puisse arriver, la présidence, la commission électorale et les partis de l’opposition doivent s’entendre sur le personnel et les modalités nécessaires pour rendre les élections libres et équitables. Alliance Guinea estime que le président, la CENI et les partis politiques ne feraient qu’accroître leur autorité et leur crédibilité en se mobilisant rapidement afin de tenir ces élections dès que possible. Avec un corps de représentants des citoyens bien établi, la Guinée ne peut entamer la reconstruction du pays. Quant au président Condé, nous l’encourageons de rechercher un consensus, et tenir ce vote. La Guinée ne peut s’épanouir sous l’égide d’une gouvernance exécutive unique.

 

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