Déclaration spéciale de la ligue guinéenne des droits de l’homme (LGDCFF) sur les exactions commises le 28 Septembre 2009 contre le peuple de Guinée
Une fois de plus l’histoire donne pleinement raison à notre organisation.
Celle-ci avait accueilli avec une extrême méfiance la prise du pouvoir le 28 Décembre 2008 par la junte militaire.
Les règles de vie dans l’armée guinéenne sont fondamentalement différentes de celles des armées des pays voisins. Si la discipline est la force principale de toutes les armées, l’armée guinéenne échappe à cette règle. La première armée, née de l’accession de la Guinée à la souveraineté internationale, était composée en grande partie par nos frères qui seraient dans l’armée Française. Ceux-ci étaient profondément imprégnés d’une vraie discipline. Le régime pseudo révolutionnaire nourrissait à leur encontre une grande méfiance, et préférait s’appuyer sur une milice.
Les militaires qui prirent le pouvoir le 3 Avril 1984 à la mort de Sékou Touré avaient encore un grand amour pour leur pays et sa défense. Mais à partir de cette date, le mode de recrutement change et de nouveaux éléments venant de la milice dite « populaire » intègrent l’armée. Ces éléments sont politisés, corrompus.
Aujourd’hui, l’ensemble du corps de l’armée de notre pays est profondément gangréné par la corruption, comme l’ensemble des institutions qui régissent la Guinée. Ceci, accompagné d’une absence totale de volonté politique, a conduit notre pays à un stade de décomposition complet dans tous les domaines.
L’absence d’une gouvernance réelle, due à la longue maladie du chef de l’exécutif, a permis que des hommes sans vergogne se livrent à un pillage systématique de la richesse de notre pays.
En 2007, des émeutes éclatèrent à la suite de manifestations réclamant l’augmentation du pouvoir d’achat et la création d’emplois. Pour reprendre en main la situation, le gouvernement fit appel, non seulement à des troupes de Guinée- Bissau, mais aussi et surtout aux criminels qui servaient aux côtés de Charles Taylor au Libéria.
On se souvient du triste bilan de ces drames. Depuis le 28 Septembre 2008, date de la prise de pouvoir par la junte militaire, le capitaine Moussa Dadis Camara a ouvert l’armée aux narcotrafiquants.
Les partis politiques unis pour la première fois décident d’organiser une réunion pacifique pour s’opposer à la candidature éventuelle de Moussa Dadis Camara à la présidence de la République. Dès le 27 Septembre 2009, Moussa Dadis Camara réunit au camp Alpha Yaya une centaine d’hommes pour une séance qui dure jusqu’à quatre heures du matin – séance de drogue.
Ce sont ces hommes qui ont impunément assassiné, violé, tabassé les manifestants pacifistes faisant plus de 260 morts et des milliers de blessés.
Pourquoi manifestaient-ils ? Pour rappeler au Capitaine Moussa Dadis Camara sa promesse faite solennellement face aux partis politiques et à l’organisation publique internationale d’organiser des élections présidentielles libres et transparentes auxquelles il ne participerait pas.
Que demandaient les forces vives de l’ensemble de partis politiques représentatifs de notre pays ? La mise en œuvre de toutes les structures démocratiques qui font cruellement défaut à la Guinée depuis un demi-siècle.
Pourquoi cette boucherie par ces pseudo bérets rouges en réalité des tueurs professionnels au service d’un homme ? Le capitaine Moussa Dadis Camara, veut se maintenir au sommet de ce qui reste de l’Etat pour pérenniser la marchandisation de notre pays, désormais plaque tournante du trafique de drogue en Afrique.
La LGDHCFF se réjouit de la renaissance de l’union de toutes les forces vives et démocratiques de notre pays.
Le 28 Septembre doit être pour tous les patriotes, une date marquante : celle d’une prise de conscience de l’union possible e tout le peuple pour édifier une démocratie fraternelle.
- La LGDHCFF considère que l’objectif majeur de tous les partis politiques représentatifs est l’union pour dire non à la « colombinisation » de notre pays de notre pays
- La LGDHCFF rend pleinement responsable la pouvoir en place des bestialités commises à l’égard des nôtres, le 28 Septembre 2009. Elle demande aux instances africaines et internationales la mise en œuvre d’un gouvernement d’union nationale de transition ayant pour objet a préparation des élections présidentielles libres et transparentes.
- La LGDHCFF demande d’ores et déjà aux organisations des partis politiques représentatifs de notre pays, la création d’une commission nationale pour élaborer les statuts d’une armée nouvelle et républicaine, sachant que l’armée a pour tâche essentielle, la défense du territoire nationale et la sauvegarde des personnes et des biens du pays.
- La LGDHCFF constate qu’à l’aube de la 51ème année de l’accession de notre pays à l’indépendance, la démocratie devrait être un acquis essentiel où l’on observe, en Guinée, une rupture totale des équilibres, dans tous les domaines de la vie, en raison de la corruption.
- La LGDHCFF affirme avec une réelle conviction que c’est avec l’ensemble des partis politiques que nous changeront le court de l’histoire de notre pays.
La politique aux politiques,
La caserne aux militaires.

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