
On dirait que les « beaux » jours sont comptés pour Moussa Dadis Camara, le chef d’état d’une république troublée, la Guinée. Les beaux jours ou il prenait plaisir à humilier publiquement ses aides, et ou il était la vedette de sa propre émission télévisée « Dadis Show » semblent être dans un passé lointain, qu’on ne veut plus jamais revivre. Ces trois derniers jours ont été témoin de nombreuses démissions de la part de ses ministres, entre autres, ceci donnant l’impression que son gouvernement est en feux, duquel toutes les bestioles et les rats essayent de se sauver. Les images à la télé de ce dernier montrent un homme abattu, un soulard désillusionné, qui cherche désespérément une raison quelconque pour rester au pouvoir, pour se sentir exonéré.
Toujours est-il que la Cour Criminelle Internationale semble avoir un autre point-de-vue. Selon le bureau de Luis Moreno-Ocampo, le procureur du CCI, « une enquête préliminaire a été […] initiée afin de déterminer si les crimes qui tombent sous la juridiction de la cour ont été perpétrés.» L’investigation compte adresser les allégations de viol publique et de crimes contre l’humanité tels que le meurtre de manifestants non-armés, tous des faits qui ont clairement été documentés en photos et distribués à travers l’internet et d’autres médias.
Il est clair que le CNDD n’est pas plus qu’un navire qui coule, étant donné que l’adjoint procureur du ICC, Fatou Bensouda, a fait la remarque irréfutable : « à partir de l’information que nous avons reçu et des images que nous avons vu, des femmes ont apparemment été abusées ou brutalisées sur le terrain du stade de Conakry, par des hommes en uniforme. » Elle décrit les crimes en étant « épouvantables et inadmissibles » en ajoutant par la suite que « ca ne devrait plus jamais se passer. Les coupables doivent en être tenus responsables.» La situation étant telle qu’elle est, Camara a essayé de se distancer des crimes en prétendant qu’il n’exerce aucun contrôle sur l’armée. Néanmoins, la chef de l’assistance de l’union Européenne, Karel De Gucht, a été catégorique au niveau de ce problème le mercredi passé à Addis Ababa en disant « Le chef du coup doit être tenu responsable de ses actions devant une cour pour ses crimes contre l’humanité. La répression du 28 septembre a été la plus brutale que le pays n’ait jamais connu, et nous avons devant nous un cas grave de crime contre l’humanité. »
Bien-entendu, l’arrogance inhérente de cette Junte, ainsi que la haine et le mépris que les soldats montrent envers la population et la facilité avec laquelle elle commande et commet des crimes a n’importe quelle occasion ont du jouer un rôle important dans la position de la communauté internationale, cette dernière qui n’a jusqu’à présent pas trouvé de solution a la détresse Guinéenne, mais qui veut néanmoins que la junte serve d’exemple. « La justice internationale doit être universelle, sinon elle risque de perdre sa crédibilité » dit Karel De Gutch, la Commissaire Européenne.
Selon Hillary Clinton, la secrétaire d’état Américaine, « Les chefs militaires guinéens doivent quitter le pouvoir » une déclaration qui a été bien reçue par les « Forces Vives » guinéennes. Jusqu’à lors, l’administration d’Obama, mise apart l’inflexible position prise par sa représentation en Guinée, n’a pas publiquement condamné la junte, un silence relatif que Dadis Camara a lui-même loué, en disant « Je remercie le président Obama de ne pas m’avoir critiqué, » en tentant de dénigrer l’ambassade Américaine à Conakry. Mais maintenant, ce temps semble appartenir au passé. Un autre coup dur qui ait aussi contribué à l’agitation du CNDD était bien sûr la décision prise par la France de « couper toute coopération militaire avec la Guinée » et d’abandonner Dadis à lui-même. Le Groupe International de Contact en Guinée, dont les membres viennent de diverses organisations internationales, a aussi conseillé « le retrait » absolu « du CNDD » et a fait appel à une nouvelle autorité transitoire en Guinée. L’Union Africaine demande que Dadis Camara fasse une déclaration publique avant le 17 Octobre, certifiant qu’il organisera une élection équitable et honnête qui aura lieu en Janvier, et que ni lui ou les autres membres de son gouvernement ne s’y présenteront.
Il est vraie que les choses ne vont pas bien pour Dadis Camara et le CNDD. Mais, le temps ne fait pas l’indifférence. Toujours est-il, les voix de l’abnégation deviennent plus fortes à Conakry. Le ministre des affaires étrangères, André Cece Loua, a soutenu que les forces internationales ne peuvent être envoyées en Guinée car c’est un pays souverain; un argument qui ne prend pas en considération le fait que « la Guinée est un état sous le Statut de Rome depuis le 14 juillet 2003 » indiquant que le CCI peut poursuivre le pays en justice pour les crimes contre l’humanité à la Hague.
En attendant les trouvailles de l’enquête du CCI, les guinéens ont tourné leurs yeux vers la Chine, détenteur d’un contrat de 7 milliard de Dollars avec la junte, et ils se demandent quelle sorte de rapports la ce pqys prometteur qu’est la Chine, un pays, veut entamer avec la Guinée.
Mamadou Maladho Diallo
Correspondant du Lynx – La Lance à Conakry
Membre d’Alliance Guinea.